Poème
Les Hussards
par Claudius POPELIN
Au colonel R. de la Girennerie C’étaient des cavaliers charmants que les hussards. Le dolman ajusté, la flottante pelisse, Les tresses, la soutache, affectant maint caprice, Leur donnaient un bon air qui plaisait aux regards. Ils ne l’ignoraient point. Ils allaient, goguenards, Se laissant régaler par le conscrit novice ; Et l’habitant jaloux de la belle milice, Soustrayait prudemment son épouse aux pendards. Les filles raffolaient des jolis militaires Qui les fixaient avec des yeux incendiaires Sous le petit talpack en poil d’astrakan noir, Et qui, d’un pas réglé, lançant la sabretache Comme de jeunes clercs projettent l’encensoir, Vous passaient tous les cœurs au fil de la moustache.
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