Poème
Les Musiciens
par Claudius POPELIN
À Charles Gounod Lorsque le laboureur, en arpentant la plaine. Jette le grain doré dans les sillons ouverts. Vous savez, mes amis, qu’on verra les blés verts Poindre au premier soleil de la saison prochaine. Tels, ô musiciens, qui venez, la main pleine, Semer dans notre esprit les notes des concerts, Vous y faites germer la moisson des beaux vers, Ensemenceurs charmants de la pensée humaine. Et quand le vendangeur presse le raisin mûr On peut bien, n’est-ce pas ? parier à coup sûr Que le buveur aura du bon vin plein son verre. C’est ainsi, vignerons des ivresses du cœur, Qu’abreuvant ceux de nous que le désir altère, Vous versez à plein bord la divine liqueur.
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