Poème
Les peureux
par Eugène MANUEL
Ils ont peur ! La jeunesse est pour eux trop légère! Ils condamnent tout haut, ils redoutent tout bas, Défenseurs attardés d’une œuvre mensongère, L’avenir qui leur manque et la foi qu’ils n’ont pas ! Parler, penser, chercher, mots de langue étrangère, Qu’ils entendent à peine, et traduisent « combats » ; Et toute liberté leur semblerait trop chère, Qui trouble leur sommeil ou hâte leur repas ! Passons outre. Jamais, de ces âmes craintives, Et dans leur gravité béatement captives, De ces sages enfin pour qui nous sommes fous, — Pauvres déshérités, race longtemps proscrite Que tremble d’embrasser leur tendresse hypocrite, — Un saint élan du cœur ne descendra vers vous !
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