Poème
Les Pleutres
par Claudius POPELIN
Au temps où vous aviez la main dans le pouvoir, Oh ! combien accouraient, la bouche enfarinée ; Mendiant le matin, comme dans la journée, On les prenait encore à mendier le soir. Alors ils manœuvraient vivement l’encensoir, Tournaient avec ferveur la louange effrénée, Se mettaient à plat ventre et servaient la fournée De ces grands mots : amour, fidélité, devoir. Pour un bout de ruban l’on aurait vu ces pleutres, Portant votre cocarde au sommet de leurs feutres, Moins fiers que vos laquais, ramper sur les genoux. Mais l’orage a brisé votre maison auguste. Votre race est proscrite : aussi, comme de juste, Ces pleutres, maintenant, ne viennent plus chez vous.
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