Poème
Les Pommes
par Claudius POPELIN
Vous souvient-il encore, ô ma cousine Lise ! Alors que vous étiez brunette et moi blondin, Des pommiers qui croissaient tout au fond du jardin, Et des pommes, objet de notre convoitise ? Elles nous paraissaient d’une saveur exquise. Je grimpais les cueillir, leste et hardi gredin, Tandis que vous guettiez pour m’avertir soudain Que l’aïeul survenait au cours de l’entreprise. C’étaient de bons repas. Nous imprimions dedans, Avec un plaisir fou, la marque de nos dents. En avons-nous croqué de vertes et de mûres ! Si je sais bien compter, voilà trente ans, ma foi ! Aujourd’hui, quand j’y mords, elles me semblent sures. Mais qui donc a changé, des pommes ou de moi ?
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