Poème
Lion mort
par Claudius POPELIN
Au commandant Albert Riffault En gardant son troupeau le jeune pâtre imberbe Sans crainte peut chanter à l’écho qui répond ; La vierge peut, d’un pas alerte et vagabond, Faire un plus long détour en rapportant sa gerbe. Les archers ont tué le grand fauve superbe Qui vient de trébucher dans le silo profond. Son sourd rugissement et son terrible bond N’épouvanteront plus les bœufs qui paissent l’herbe. Là chacun l’injurie en diverses façons, Maîtres et serviteurs et filles et garçons, Jusqu’au petit enfant dans les bras de sa mère. Les chiens en aboiements s’épuisent sur le bord, Et, comme on le disait déjà du temps d’Homère, Le lièvre aussi, lui-même ! insulte au lion mort.
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