Poème
Mal d’amour
par Claudius POPELIN
Ma chère, ôtez vos gants et quittez votre manie, Puis, devant le clavier que fait chanter votre art, Asseyez-vous, de grâce, et veuillez, ma charmante, Me jouer longuement des morceaux de Mozart. Tandis que vous jouerez, la Muse, qui me hante, Se pourrait égayer aux rythmes de Ronsard, lit cela tromperait le mal qui me tourmente, Surtout si vous tourniez vers moi votre regard. C’est que mon cœur subit l’âpre et le long martyre De perdre goutte à goutte un sang que lui soutire Le paroxysme aigu d’un amour surhumain. Je pense, toutefois, qu’un peu de mélodie, Sans me guérir, hélas ! de cette maladie, Me saura, cependant, calmer... jusqu’à demain.
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