Poème
Marguerite
par Claudius POPELIN
Marguerite, dans la verdure, Comme un trésor, Tu m’apparais charmante et pure. Fleur au sein d’or. La jeunesse, amoureuse et folle. D’un cœur fervent. Jette, en déchirant ta corolle, Ta feuille au vent. Jusqu’à ton doux oracle. Questionné, Promette un amour sans obstacle. Passionné. Où donc s’en sont allés, pauvrette. Tous nos beaux jours. Où nous t’effeuillions, ma fleurette, A nos amours ? Hélas ! où va ton blanc pétale Au loin chassé. D’une vitesse sagittale Dans le passé ? Car toutes nos belles années. Sort attristant ! Hélas ! hélas ! sont emmenées En un instant. Nous demeurons sur un navire Qui, mal ancré, Péniblement vire et dévire Désemparé. Quand l’homme a perdu la boussole De l’avenir. Force est à lui qu’il se console Au souvenir. Evoquant les brises sans nombre De son été, Il en soulève un peu la sombre Réalité ; Et, dédaignant la morne plage, Sa nef, encor, L’entraîne, en traçant un sillage De pourpre et d’or, Par delà l’océan du rêve, Sur les brisants D’où s’en furent joncher la grêve Ses jeunes ans.
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