Poème
Mathématicien
par Claudius POPELIN
À Joseph Bertrand Mathématicien, je t’admire et t’envie D’avoir à cultiver un domaine fermé. Le Zoïle envieux, l’Aristarque gourmé Ne sauraient s’attaquer au labeur de ta vie. Heureux, tu ne vois pas ta science asservie Au tribunal de sourds et d’aveugles formé : Car celui qui te juge a, comme toi, trimé Par le raide sentier de la côte gravie. L’artiste a moins de chance : il doit, dans sa maison, Héberger la jalouse et folle garnison Des critiques jetant sous ses pas des encombres ; Mais loi, foulant, pensif, un solide terrain, Tu poursuis ta recherche en la forêt des nombres Qu’entoure et que protège un triple mur d’airain.
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