Poème
Naufrage
par Claudius POPELIN
Le bateau ne pouvait contenir tant de monde. Dès qu’on eut constaté qu’il était trop petit, Nous restâmes aux bords, l’un et l’autre. Il partit Chargé de bons vivants qui chantaient une ronde. Vous le vîtes filer rapide, fendant l’onde. Pendant quelques instants vous ne m’avez rien dit. Votre maintien laissait percer votre dépit, Et vous étiez boudeuse, un peu, ma belle blonde. Moi, pour vous consoler, je vous tins un discours Tendant à démontrer que, loin de tout secours, A naviguer ainsi, l’on peut faire naufrage. J’en étais à la fin de ma péroraison Quand vous m’avez prouvé, sans tant de verbiage, Que l’on est en péril même sur le gazon.
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