Poème
Ne t’enorgueillis point
par Claudius POPELIN
Ne t’enorgueillis point de marcher dans l’ivresse Du superflu qui met sous tes pieds le velours, Et pense aux malheureux dont telle est la détresse Qu’ils n’ont pas sous la dent le pain de tous les jours. Ne t’enorgueillis point de ce que ta maîtresse Parmi d’autres est belle, avec ou sans atours. Sois humble, mon ami, même dans l’allégresse, Et pense aux malheureux qui vivent sans amours. Ne t’enorgueillis point d’avoir l’intelligence : Garde aux pauvres d’esprit ta suprême indulgence, Songe à la nuit profonde où vont les insensés ; Mais élevant ton âme à la divine source A qui tu dois tes champs si bien ensemencés, Ouvre aux déshérités ton cœur, ta main, ta bourse.
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