Poème
Noblesse à vendre
par Claudius POPELIN
Quand on entre le soir dans un salon doré, Donner son nom bourgeois d’une roture immonde Au valet dédaigneux qui le jette à la ronde Et le tient pour intrus chez son maître titré, Ne point estampiller d’un blason bigarré Les flancs de son carrosse, ô tristesse profonde ! Et puis, comme un manant, quitter enfin ce monde Sans mettre à la tenture un écusson timbré, Ne point être marquis, comte, baron, vidame, Grand Dieu ! quelle douleur pour Monsieur, pour Madame ! Eh bien ! rassérénez vos généreux esprits : Car, à San Marino, petite république Entre Florence et Rome, à de très justes prix On vend des parchemins de noblesse authentique.
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