Poème
Noblesse spontanée
par Claudius POPELIN
Contemplez ce maraud qui passe dans la rue : Il prend un air superbe et se carre en marchant ; Son père était fermier, peut-être bien marchand, Son grand-père maçon ou valet de charrue. La fortune, par eux péniblement accrue, A fait litière d’or au sot qui va crachant Sur le berceau qu’il tient pour opprobre entachant Et qu’il brise du pied comme un âne qui rue. Son vieux nom plébéien, qui sent trop la sueur, Sous le clinquant d’un titre à la fausse lueur Disparaît allongé par une particule, Et tel qu’un la Trémoille ou qu’un Montmorency, Son fils pourra porter, sans être ridicule, Un blason qu’il dira dans les combats noirci.
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