Poème
Par monts et par vaux
par Claudius POPELIN
À Émile Augier Le mont silencieux dresse sa tête altière Au bord de l’horizon. Sur son faîte chenu Je veux aller. Mes yeux, plongeant dans l’inconnu, Verront se dérouler au loin la terre entière. Holà ! les compagnons, enlevez ma litière. Nous y voici. C’est bien. A peine parvenu Je vois un autre mont qui, de son sommet nu, A l’espace borné fait une autre frontière. Ainsi toujours, toujours, sur des sommets nouveaux. Je n’ai vu que des monts qui limitaient des vaux, Et n’ai pas aperçu les bornes de ce monde. L’ardeur de tout savoir ne peut pas aboutir. J’arrête désormais ma course vagabonde ; Qu’importe de connaître ! Il suffit de sentir.
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