Poème
Paradis perdu
par Claudius POPELIN
À Pierre Amédée-Pichot Le ciel, pour nos aïeux, était un beau décor. Tel qu’une apothéose aux fins de comédies ; Dieu le Père y trônait, auguste imperator, Que ne discutaient pas leurs encyclopédies. Pour eux le Ciel était si près, que le condor Percevait, en volant, ses douces mélodies ; Ses astres, qui n’étaient pour eux que des clous d’or, Sont pour nous devenus d’immenses incendies. De l’azur, où naguère il était suspendu, Selon les simples lois des antiques chimères, Nous l’avons reculé si loin qu’il est perdu ! Paradis des enfants et des vieilles grand’mères Qui planais à deux pieds de la tête du Roi, Qu’il serait bon, pourtant, de croire encore à toi !
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