Poème
Pascal
par Eugène MANUEL
Clermont-Ferrand, septembre 1880. Si, pour rassurer l’homme envahi par le doute, Dans la prison des sens où les murs semblent sourds, Et lui faire entrevoir un consolant secours, A l’heure où le corps touche au terme qu’il redoute ; Si, lorsqu’il a gravi les pentes de la route, Plus faible; plus troublé, plus vaincu tous les jours, Il lui fallait, pour croire aux mystiques séjours, Un regard qu’il contemple, une voix qu’il écoute; S’il fallait à qui meurt un suprême argument, Plus fort que tous nos cris ensemble, et résumant Les souffrances de l’être à tout néant rebelle : Avec cet univers brutal se mesurant, Il suffirait d’une âme angéliquement belle : Et je prendrais Pascal sur son lit de mourant.
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