Poème
Pasteurs des peuples
par Claudius POPELIN
À Victor Duruy Ils pourraient vivre en paix. Chacun a sa maison, Chacun a son troupeau, chacun son pâturage, Ils pourraient faire, ainsi, chacun son labourage, Ses semailles chacun, chacun sa fenaison. Mais l’âpre convoitise abolit la raison. Sur le faible le fort, se ruant avec rage, Le terrasse, le frappe et longuement l’outrage, Puis le rançonne, enfin pour sa péroraison. Le vaincu se relève et s’écarte, farouche, La haine dans le cœur et du sang plein la bouche, En murmurant tout bas des malédictions. Le vainqueur, inquiet, considère cet homme, Et se dit : j’aurais dû le tuer. Voilà comme, O princes, sous vos lois vivent les nations !
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