Poème
Patience
par Claudius POPELIN
L’image de Memnon chantait dès que l’Aurore Mettait sur le granit un pâle ton rosé. Votre regard à peine est-il sur moi posé, Madame, qu’aussitôt mon vers jaillit sonore. Le colosse rendit un doux son de mandore Après que, follement, Cambyse l’eut brisé : Malgré tant de rigueur dont je me sens lésé, A votre aspect, voyez, je chante et chante encore. Et vous aurez sans cesse et sans cesse mes chants. Vous en viendrez, peut-être, à les trouver touchants, Touchante ma prière et ma plainte touchante. Je veux garder l’espoir que vous m’aimiez un jour, Car je suis plus épris que vous n’êtes méchante, Vos dédains seront morts bien avant mon amour.
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