Poème
Pauvre homme !
par Claudius POPELIN
Pauvre homme, tu gémis de ce que ton destin N’a pas réalisé tous les vœux de ta vie, De ce que tu n’as pas, au rapide festin, Pu mordre à tous les fruits qui faisaient ton envie ; Mais c’est beaucoup, déjà, que le sort incertain N’ait point barré la route à ta course suivie, Et t’ait voulu donner l’amour dès ton matin. Quand à d’autres que toi la grâce en fut ravie. Les ans précipités s’effondrent sur les ans, Comme les flots blanchis roulés sur les brisans : Pour combler nos désirs c’est trop peu de nos heures. Réprime l’appétit de ton cœur affamé, Pauvre homme, et quand au soir il faudra que tu meures, Tiens-toi pour satisfait puisque tu fus aimé.
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