Poème
Polichinelle
par Claudius POPELIN
Au docteur Roberty Le théâtre est ouvert : méchant, fourbe et glouton, Monsieur Polichinelle y charme l’assistance. Il est galonné d’or, en homme d’importance, Et l’ivresse rougit son masque de carton. Il bat le commissaire, il bat le marmiton. Les passants, les voisins, sa femme qui le tance, Le bourreau, qu’à sa place il met à la potence, Et le diable lui-même éprouve son bâton. Alors vous éclatez, mes jolis enfants roses, En applaudissements devant ces tristes choses, Et vous trépignez d’aise aux grossiers impromptus. O mes pauvres petits, choyés, parés, prospères ! Déjà vous apprenez à rire des battus... Hélas ! un jour, ainsi, l’on a ri de vos pères.
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