Poème
Proemia laboris
par Claudius POPELIN
A tout âge au labeur j’ai donné mes instants. On ne m’a jamais vu, comme certains maroufles, Muser, baguenauder, les pieds dans mes pantoufles, Livrant à la paresse une heure de mon temps. J’ai dessiné, j’ai peint, j’ai gravé quarante ans, En disciple fervent des maîtres aux grands souffles. Artiste, j’ai brûlé ma face au feu des moufles Pour marier l’émail aux métaux éclatants. Ecrivain, j’ai traduit, commenté le grimoire, Retracé de mon art la technique et l’histoire, Abandonné mon rêve à la douceur des vers. Et, si j’ai bien bâti mon modeste édicule, Puissé-je, au bois sacré, planté de lauriers verts, Mériter de cueillir un humble ramuscule.
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