Poème
Quid levius pluma… ?
par Claudius POPELIN
L’eau fuit en murmurant dans les ajoncs plaintifs, La nuit ensevelit la chanson des aimées, Le moindre souffle éteint les torches allumées, L’heure se précipite en mouvements hâtifs, Le vent court affolé dans la cime des ifs. L’air en tourbillons bleus emporte les fumées, L’arome s’évapore en ondes parfumées, Les abeilles s’en vont en essaims fugitifs. On ne saurait fixer les plaisirs éphémères, Ni voir germer les grains de la félicité Qu’au long de notre rêve ont semé les chimères. Bien fou qui veut fixer le cœur, en vérité Plus léger que la plume ou le pollen des roses, Le cœur léger cent fois plus que toutes les choses.
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