Poème
Requête
par Eugène MANUEL
À mon ami Auguste Vacquerie J’ai vu le laboureur, sur la plaine sans fin, Dans le soir calme et clair ramener sa charrue, Après avoir semé la route parcourue Du beau froment doré, qui calmera ma faim. J’ai vu le vigneron, d’un osier souple et fin, Nouer à l’échalas la pousse déjà drue ; Sur la pente des monts où le troupeau se rue J’ai vu le pâtre assis au revers du ravin : Et tous semblaient me dire : « O toi qui viens des villes, Ignore-t-on là-bas que les haines civiles Font à notre repos des réveils douloureux ? « La paix! La paix! Pourquoi ces tempêtes lointaines ? Dis-leur qu’ils feraient mieux, sans tant de phrases vaines, De travailler pour nous, — qui travaillons pour eux ! »
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