Poème
Roue de fortune
par Claudius POPELIN
À Léon Dierx On vit les descendants de proconsuls romains Mener à l’abreuvoir, esclaves de corvée, Les chevaux d’un Sicambre issu de Mérowée, Ou broyer du grain mûr pour des maîtres germains. Vouée à l’ergastule, au dur labeur des mains, Sans merci, sans repos à la glèbe rivée, Des antiques aïeux leur race dérivée A fait souche au long cours des sombres lendemains ; Mais souche de manants : on naît comme on doit naître. Sans un très grand effort nous en pouvons, peut-être, Tirer cet argument qui n’est pas sans raison : C’est qu’en plus d’un village il est plus d’un pauvre homme Mordant à son pain noir, en sa pauvre maison, Sans se douter qu’il a des ancêtres à Rome.
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