Poème
Si l’œuvre est accomplie
par Claudius POPELIN
Au docteur Dieulafoy Quand l’homme vieillissant a dévidé son sort, Quand il touche du doigt la funeste barrière, Il voit, avec terreur, le bout de sa carrière Et son âme se trouble aux affres de la mort. Il détourne les yeux de son lugubre abord, Son être se raidit et se jette en arrière ; Mais, puisque rien n’y fait, ni larmes ni prière, J’estime qu’il s’émeut et qu’il s’effraie à tort. La vie est longue assez quand elle est bien remplie, Et tout est obtenu si l’œuvre est accomplie. Qu’importe d’ajouter des instants aux instants ! Une ère, un siècle, un jour, c’est même chose, en somme. On vivrait cent mille ans que ce serait tout comme. Ce qui doit prendre fin n’est qu’un point dans le temps.
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