Poème
Souvenir d’antan
par Claudius POPELIN
En mil huit cent quarante, un jour de carnaval, J’avais près de quinze ans, vous quatorze, peut-être, Dans une maison tierce, à la même fenêtre, Nous regardions passer le joyeux festival. Les masques défilaient en voiture, à cheval. Vous tressautiez de joie en les voyant paraître, Et vos regards suivaient, sans pouvoir s’en repaître, La foule se mouvant en amont, en aval. Mais je contemplais, moi, sous votre tresse noire, Votre cou virginal en sa blancheur d’ivoire, Et mes naissants désirs s’y tordaient en collier. Depuis, la belle enfant, qu’êtes-vous devenue ? Vous ne saurez jamais combien, chère inconnue, Vous hantâtes longtemps mes rêves d’écolier.
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