Poème
Stagnation
par Claudius POPELIN
Je sens que je te pèse et que je t’importune A t’adorer ainsi toujours fidèlement. Voilà six mois, bientôt, que je suis ton amant. Et tes rêves, déjà, t’emportent dans la Lune ! C’est ma faute. Il faudrait, vois-tu, ma belle brune, Que je pusse t’aimer un peu moins, par moment. On s’écoeure, à la fin, d’un unique aliment, L’herbe épaisse envahit la dormante lagune, Le cours sans cesse égal de la félicité A la longue se fige en immobilité, Le bonheur trop uni rend les esprits moroses, La fleur se décolore aux feux constants des jours. On doit faire saigner quelquefois les amours Et de ce sang pourpré teindre à nouveau les roses.
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