Poème
Sur une falaise
par Eugène MANUEL
À mon ami O. Gréard Villers, 1878. Dans un petit sonnet mettre l’immensité : Y renfermer le ciel profond, la mer, la grève, Le flot mouvant, le roc miné, le bruit sans trêve, Et la brume d’hiver, et l’ouragan d’été ; Montrer à l’horizon, sur la vague emporté, Le navire, fétu que l’abîme soulève ; Et jeter dans cette ombre, et mêler à ce rêve Ta lumière, Seigneur, et ton éternité : Ah ! c’est vraiment alors écrire un long poème ; C’est introduire l’âme aux régions qu’elle aime, Et grandir l’humble vers qui promettait si peu ! Le cadre est assez vaste, et le poète à l’aise Peut vivre tout un jour, au tord de la falaise, De ce petit sonnet qui lui parle de Dieu.
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