Poème
Tout passe, lasse, casse
par Claudius POPELIN
Madame, c’est en vain que le laurier fleurit, Le vent de tramontane ou le hâle ou le casse, Et c’est en vain, aussi, que la tendresse amasse Tant et tant de trésors qu’elle enserre et chérit. Hélas ! il est bien vrai, tout ici-bas périt. On ne l’a dit que trop, en ce monde tout lasse. Le porphyre et les fleurs, tout se brise et tout passe, Etincelle ou Soleil, tout s’éteint, s’assombrit. Et rien ne peut durer des adorables choses, Non plus que les chansons et non plus que les roses, Ni que les oiseaux bleus du rêve ou les amours. Car dans l’oubli profond tout fuit à tire-d’ailes. Parmi nous, cependant, les amitiés fidèles Seules restent debout longtemps, sinon toujours.
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