Poème
Tristia
par Claudius POPELIN
L’homme, au seuil de la vie et pendant tout son cours, Rencontre la tristesse en travers de sa voie. Les plaisirs, vainement, lui prêtent leur secour, Sous les constants chagrins il ploie. La tempête détruit l’ordre de ses beaux jours, L’hiver glacé le prend mieux qu’un fauve sa proie ; Par instants l’amitié, par instants les amours Lui versent le vin de la joie ; Mais aux mains du buveur le bec d’un oisillon, Le souffle d’un zéphyr, l’aile d’un papillon Viennent briser le bol fragile. Il ne peut toucher rien sans froisser des douleurs, Et, comme éloquemment a dit le doux Virgile, Les choses mêmes ont des pleurs.
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