Poème
Vieux de la vieille
par Claudius POPELIN
Au général Bourbaki J’ai pu les contempler, lorsque j’étais enfant, Ces braves d’un autre âge, a l’héroïque taille, Qui, sans courber le front, de bataille en bataille, Suivirent l’aigle d’or en son vol triomphant. Canne en main, ils allaient, au soleil réchauffant Leurs vieux membres de fer tordus par la mitraille, Ou bien, dans des jardins tout bordés de rocaille, On les apercevait bêchant, plantant, greffant. Parfois au Champ de Mars, avec des commentaires, Ils voyaient manœuvrer les jeunes militaires, Regardant par-dessus badauds et galopins ; Là, paterne et narquois, leur bon air semblait dire Aux petits tourlourous : Marquez le pas, clampins ! Vous défiliez devant des soldats de l’Empire.
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