Poème
Vieux marin, vieil artiste
par Claudius POPELIN
À l’amiral Charles Duperré Quand les vieux loups de mer, à bout de leurs voyages, Reviennent au pays ployant un peu les reins, Ils aiment à dresser, dans des sites marins, Leur petite maison qu’ils ornent de treillages. Là, devant l’Océan rayé par les sillages., Tout à leur jardinet planté de romarins, Un brûle-gueule au dents, les braves mathurins Cultivent des carrés bordés de coquillages. Ainsi, lorsqu’il a fait son œuvre quarante ans, L’artiste peut laisser à ceux d’un nouveau temps Le péril de monter le vaisseau qu’on arrime. Et c’est un grand bonheur si, pendant ses hivers, Il est assez lettré pour cultiver la rime Et tromper ses regrets dans le jardin des vers.
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