Poème
Virgo
par Claudius POPELIN
Vierge, ta chevelure encadre ton front pur. Tes yeux, pleins d’une chaste flamme. A travers les longs cils qui voilent leur azur Laissent passer ton âme. Elle apparaît candide et charmante à nos yeux. Dans ta pudeur enveloppée. Gomme les beaux contours de ton corps gracieux Sous ta robe drapée. Viens-tu d’une confiée inconnue aux humains ? Viens-tu de régions bénies’ ? Que partout, sous les pas, on cueille à pleines mains, Des grâces infinies. Du Paradis, sans doute, un bel ange des cieux, Un séraphin à l’aile blanche. T’apporta, parmi nous jeune fille aux doux yeux. Dans un pli de sa manche. Tu t’en vas radieuse et vive, mais demain. Mais ce soir, libellule frêle, Tu pourrais bien laisser aux ronces du chemin Les débris de ton aile. Ici-bas, comme tout hélas ! lu passeras. Dans ce monde où tout passe et tombe ! Colombe poursuivie, hélas ! lu tomberas O ma douce colombe ! Car le destin jaloux moissonne tour à tour L’homme vaillant, la femme belle, Et le fort et le faible, ainsi que le vautour, Ainsi que l’hirondelle. L’implacable torrent, sans pitié ni merci, Roule pêle-mêle en son onde, Et l’aïeul et l’enfant, la tête blanche aussi, Comme la tête blonde. Retourne, enfant, retourne aux célestes séjours, Dans le sein des beautés célestes, Où d’immortels soleils font d’immuables jours Privés de nuits funestes ; Dans la sphère sans fin de l’éternel désir Où, sans cesse, à longs flots ruisselle La grande sympathie, éternel élixir D’une amour éternelle.
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