Poème 'Le pauvre Pion' de Francis JAMMES dans 'De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir'

Le pauvre Pion

Francis JAMMES
Recueil : "De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir"

Le pauvre pion doux si sale m’a dit : j’ai
Bien mal aux yeux et le bras droit paralysé.

Bien sûr que le pauvre diable n’a pas de mère
Pour le consoler doucement de sa misère.

Il vit comme cela, pion dans une boîte,
Et passe parfois sur son front froid sa main moite.

Avec ses bras il fait un coussin sur un banc
Et s’assoupit un peu comme un petit enfant.

Mais au lieu de traversin bien blanc, sa vareuse
Se mêle à sa barbe dure, grise et crasseuse.

Il économise pour se faire soigner.
Il a des douleurs. C’est trop cher de se doucher.

Alors il enveloppe dans un pauvre linge
Rout son pauvre corps misérable de grand singe.

Le pauvre pion doux si sale m’a dit : j’ai
Bien mal aux yeux et le bras droit paralysé.

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Francis JAMMES

Portait de Francis JAMMES

Francis Jammes (prononcer [jam] et non [djèms]), né à Tournay (Hautes-Pyrénées) le 2 décembre 1868 et mort à Hasparren (aujourd’hui Pyrénées-Atlantiques) le 1er novembre 1938, est un poète français, également romancier, dramaturge et critique. Il passa la majeure partie de son existence dans le Béarn et le Pays basque,... [Lire la suite]

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