Poème 'C’est la bonne heure où la lampe s’allume' de Émile VERHAEREN dans 'Les Heures d'Après-midi'

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C’est la bonne heure où la lampe s’allume

Émile VERHAEREN
Recueil : "Les Heures d'Après-midi"

C’est la bonne heure où la lampe s’allume :
Tout est si calme et consolant, ce soir,
Et le silence est tel, que l’on entendrait choir
Des plumes.

C’est la bonne heure où, doucement,
S’en vient la bien-aimée,
Comme la brise ou la fumée,
Tout doucement, tout lentement.

Elle ne dit rien d’abord – et je l’écoute ;
Et son âme, que j’entends toute,
Je la surprends luire et jaillir
Et je la baise sur ses yeux.

C’est la bonne heure où la lampe s’allume,
Où les aveux
De s’être aimés le jour durant,
Du fond du coeur profond mais transparent,
S’exhument.

Et l’on se dit les simples choses :
Le fruit qu’on a cueilli dans le jardin ;
La fleur qui s’est ouverte,
D’entre les mousses vertes ;
Et la pensée éclose en des émois soudains,
Au souvenir d’un mot de tendresse fanée
Surpris au fond d’un vieux tiroir,
Sur un billet de l’autre année.

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Commentaires

  1. C'est la bonne heure où l'on boit l'apéro,
    Dans la taverne ou reviennent les mêmes
    Buveurs, parleurs, avec lesquels on aime
    Tenir des propos généraux.

    C'est la bonne heure où règne le patron
    Dont le public boit aussi les paroles,
    Il est sérieux même quand il rigole,
    Même quand il est un peu rond.

  2. (Rewritage d'Émile-Paul de Bourg-La-Reine : )

    C'est l'heure où la lampe s’allume,
    · · Calme et consolant soir
    Sur tant de silence que choir
    · · On entendrait la plume.

    L'heure si bonne où doucement
    · · S’en vient la bien-aimée
    Comme une brise, ou la fumée,
    · · Si douce-, lentement...

    Or son âme, qui s’entend toute,
    · · La voilà qui prend feux
    Quand je la baise sur deux yeux.
    · · Elle pause. J’écoute...

    Bonne heure où la lampe s’allume :
    · · Profond mais transparent,
    Un aveu d'amour permanent
    · · Du fond du coeur s’exhume...

    - On s'énoncent les simples choses :
    · · La fleur qui s’est ouverte,
    Le fruit d'entre les mousses vertes
    · · Cueilli. Puis cette éclose

    (En des émois soudains) pensée :
    · · La tendresse revoir,
    Fanée et fuyant d'un tiroir,
    · · D'un mot d'une autre année.

    (BONUS : Version alternative, moins biscornue, de la fin : )

    - On s'énoncent les simples choses :
    · · La fleur qui s’est ouverte,
    Le fruit d'entre les mousses vertes
    · · Cueilli comme une rose,

    Puis ces retours d'amours fanées,
    · · Ces pensers qu'on peut voir,
    Ou encor, surpris d'un tiroir,
    · · Ce mot d'une autre année.

  3. Magnifique !

  4. Merci :) <--- vrai smiley, celui-ci...

    Je gamberge un recueil : la

  5. (zut) poésie française du XXe siècle traduite en contrerimes !

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Émile VERHAEREN

Portait de Émile VERHAEREN

Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand dans la province d’Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916, est un poète belge flamand, d’expression française. Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale lui fait évoquer les grandes villes... [Lire la suite]

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