Poème 'Chatterton' de George SAND

Chatterton

George SAND

Quand vous aurez prouvé, messieurs du journalisme,
Que Chatterton eut tort de mourir ignoré,
Qu’au Théâtre-Français on l’a défiguré,
Quand vous aurez crié sept fois à l’athéisme,

Sept fois au contresens et sept fois au sophisme,
Vous n’aurez pas prouvé que je n’ai pas pleuré.
Et si mes pleurs ont tort devant le pédantisme,
Savez-vous, moucherons, ce que je vous dirai ?

Je vous dirai : ” Sachez que les larmes humaines
Ressemblent en grandeur aux flots de l’Océan ;
On n’en fait rien de bon en les analysant ;

Quand vous en puiseriez deux tonnes toutes pleines,
En les faisant sécher, vous n’en aurez demain
Qu’un méchant grain de sel dans le creux de la main.

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Commentaires

  1. Voilà un sonnet bien tourné et toujours d'actualité que Alfred de Musset a écrit sous la dictée de George Sand ; comme ils se sont rencontés en 1833, on peut situer ce texte dans ces années-là. La vie de cette femme est un passionnant roman ; aussi passionnant que tous ses écrits.

  2. C'est le contraire : c'est Sand qui l'a écrit sous la dictée de Musset !

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George SAND

Portait de George SAND

George Sand1 est le pseudonyme d’Amantine Aurore Lucile Dupin, romancière et femme de lettres française, plus tard baronne Dudevant, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte au domaine de George Sand de Nohant le 8 juin 1876. Elle a écrit des romans, des nouvelles, des contes, des poèmes, des pièces de théâtre, une... [Lire la suite]

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