Poème 'Les barques d’or du bel été' de Émile VERHAEREN dans 'Les Heures d'Après-midi'

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Les barques d’or du bel été

Émile VERHAEREN
Recueil : "Les Heures d'Après-midi"

Les barques d’or du bel été
Qui partirent, folles d’espace,
S’en reviennent mornes et lasses
Des horizons ensanglantés.

A coups de rames monotones,
Elles s’avancent sur les eaux ;
On les prendrait pour des berceaux
Où dormiraient des fleurs d’automne.

Tiges de lys au beau front d’or,
Toutes vous gisez abattues ;
Seules, les roses s’évertuent
A vivre, au delà de la mort.

Qu’importe à leur beauté plénière
Qu’Octobre luise ou bien Avril :
Leur désir simple et puéril
Boit, jusqu’au sang, toute lumière.

Même aux jours noirs, quand meurt le ciel,
Sous la nuée âpre et hagarde,
Sitôt qu’une clarté se darde
Elles s’exaltent vers Noël.

Vous, nos âmes, faites comme elles ;
Elles n’ont pas l’orgueil des lys,
Mais détiennent, entre leurs plis,
L’ardeur sacrée et immortelle.

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Émile VERHAEREN

Portait de Émile VERHAEREN

Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand dans la province d’Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916, est un poète belge flamand, d’expression française. Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale lui fait évoquer les grandes villes... [Lire la suite]

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