Poème 'Les Espaliers' de Émile VERHAEREN dans 'Les Flamandes'

Les Espaliers

Émile VERHAEREN
Recueil : "Les Flamandes"

D’énormes espaliers tendaient des rameaux longs
Où les fruits allumaient leur chair et leur pléthore,
Pareils, dans la verdure, à ces rouges ballons
Qu’on voit flamber les nuits de kermesse sonore.

Pendant vingt ans, malgré l’hiver et ses grêlons,
Malgré les gels du soir, les givres de l’aurore,
Ils s’étaient accrochés aux fentes des moellons,
Pour monter jusqu’au toit, monter, monter encore.

Maintenant ils couvraient de leur faste les murs
Et sur les pignons hauts et clairs, poires et pommes
Bombaient, superbement, des seins pourprés et mûrs.

Les troncs géants, crevés partout, suaient des gommes ;
Les racines plongeaient jusqu’aux prochains ruisseaux,
Et les feuilles luisaient, comme des vois d’oiseaux.

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Commentaires

  1. Un troquet parisien
    *
    *
    Comptoir de la taverne, comptoir juste assez long
    Où la bière-pression déverse sa pléthore,
    Où le Côtes-du-Rhône est servi par ballons
    Tandis que les buveurs ont des phrases sonores !
    *
    Sur un vieux tabouret j’use mon pantalon ;
    Parfois la beuverie dure jusqu’à l’aurore,
    Tant nous nous complaisons dans ce dernier salon
    Où l’esprit parisien fleurit et rêve encore.
    *
    Les photos des clients se montrent sur les murs.
    Chacun se reconnaît, déclarant "C’est ma pomme",
    Même si le vivant est d’un âge plus mûr
    *
    Que, sur le vieux portrait, cet aimable jeune homme.
    Puis, nous rentrons chez nous en longeant les ruisseaux,
    Dans le petit matin qu’annoncent les oiseaux.

  2. Comme quoi le bout rimé c'est inspirant à condition de savoir s'en désarrimer à temps je me comprends

  3. La machine à voyager dans le temps
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    Les siècles traversés en un temps pas très long
    S’ouvrent sur un verger où les fruits sont pléthore ;
    C’est plus original qu’un voyage en ballon :
    La machine est, de plus, tout à fait insonore.

    Notre grand inventeur use son pantalon
    Sur le banc de la nef traversant les aurores,
    Il reviendra parler aux gens dans son salon,
    Mais dans quarante jours, il doit partir encore.

    Cet univers changeant défile comme un mur,
    De millions de pommiers choient des milliards de pommes,
    À l’arrivée, notre homme est d’un âge plus mûr.

    Or, que deviendra-t-il, cet aimable jeune homme,
    Sera-t-il simplement noyé dans un ruisseau,
    Ou bien reviendra-t-il, guidé par les oiseaux ?

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Émile VERHAEREN

Portait de Émile VERHAEREN

Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand dans la province d’Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916, est un poète belge flamand, d’expression française. Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale lui fait évoquer les grandes villes... [Lire la suite]

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