Poème 'Les feux d’une Diva' de aros

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Les feux d’une Diva

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Madame, couvrez-vous, nous n’avons plus de bois,
Notre finance est vide, je suis au désarroi,
Prenez ce peu de reste en guise de souper,
A votre âge, Madame, il faut s’alimenter.

Maintenant voulez-vous de digne manière,
Revivre tous les feux de votre carrière ?
Cela réchauffera votre corps frémissant,
Blotti dans ce fauteuil au tissu vieillissant.

Un soir de Générale, admirable démon,
Sous le feu de l’action du la d’un violon,
Troublant le vibrato de vos cordes vocales,
Le feu de la colère atteignait vos dédales.

Et les soirs de première, soprano pathétique,
Avec le maestro, l’orchestre symphonique,
Vous entonniez Norma, Carmen ou la Tosca,
Votre voix – feu sacré – enflammait l’opéra.

Au temps de vos splendeurs vous l’avez bien connu,
Ce feu qui vous portait, aujourd’hui disparu,
Devant votre public levant les bras au ciel,
C’est le feu de la rampe à vos yeux éternel.

L’acmé c’est la Scala, c’est Verdi, c’est Bizet,
New York, Londres, Paris au final en bouquet,
Votre étoile brillait comme un feu d’artifice,
Vous étiez la Diva, la grande cantatrice.

Vinrent vos engouements proches du feu de paille,
Pour ce jeune talent arriviste sans faille,
Vous couvrant d’illusions pour un triste projet,
Etait-ce de l’amour ou le feu de forêt ?

Passent les soirées folles et passe l’aventure,
La voix s’en est allée, passe la tessiture,
Vos feux se sont éteints, priez le chapelet,
Il ne vous reste rien que moi, presque valet.

Pendant plus de trente ans je vous ai accordé,
Les pages de ma vie, mon temps, ma liberté,
Et vous n’avez rien vu, mon cœur se consumait,
C’est le feu de l’amour, c’est lui qui le brûlait.

Et je vous ai haïe et je vous ai aimée,
Tour à tour, à la fois, passion ignorée,
Vous me mettiez aux fers de votre indifférence,
Dans le feu de l’enfer est votre conscience…

Madame, vous dormez ? Il est déjà très tard,
Montez à votre chambre et prenez au placard
La couette de plumes ; je ferme les volets,
Car dans le cimetière hantent les feux follets.

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