Poème 'Cuisson du Pain' de Émile VERHAEREN dans 'Les Flamandes'

Cuisson du Pain

Émile VERHAEREN
Recueil : "Les Flamandes"

Les servantes faisaient le pain pour les dimanches,
Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,
Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,
La sueur les mouillant et coulant au pétrin.

Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,
Leur gorge remuait dans les corsages pleins.
Leurs deux poings monstrueux pataugeaient dans la pâte
Et la moulaient en ronds comme la chair des seins.

Le bois brûlé se fendillait en braises rouges
Et deux par deux, du bout d’une planche, les gouges
Dans le ventre des fours engouffraient les pains mous.

Et les flammes, par les gueules s’ouvrant passage,
Comme une meute énorme et chaude de chiens roux,
Sautaient en rugissant leur mordre le visage.

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Commentaires

  1. Chanson du lapin
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    Je vis près des forêts où murmurent les branches,
    De l’herbe des talus je mange quelques brins;
    J’ai creusé mon logis sous un arbre qui penche,
    Dissimulé derrière un pied de romarin.

    J’aime, avec mes copains, danser dans l’aube blanche,
    Comme l’ont fait jadis mon père et mon parrain ;
    Pour les petits lapins, c’est tous les jours dimanche,
    Ainsi que l’affirma le sage Edgar Morin.

    Après l’aube, l’aurore, et le ciel devient rose,
    Puis la chaleur revient, c’est une bonne chose,
    Mais suivant la saison ça change peu ou prou.

    Alors nous savourons cet heureux paysage,
    Sauf si nous y voyons marcher le goupil roux,
    Ce meurtrier cruel, ce démon sans visage.

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