Poème 'La ronce et le serpent' de Maurice ROLLINAT dans 'Paysages et paysans'

La ronce et le serpent

Maurice ROLLINAT
Recueil : "Paysages et paysans"

Foisonnantes, couvant des venins séculaires
Dans ce marécageux semis d’herbe et de rocs,
Les ronces, par fouillis épais comme des blocs,
Embusquaient sourdement leurs dards triangulaires.

Ah certe ! Elles guettaient si bien l’occasion
Du Mal, si scélérate épiait leur adresse,
Que l’accrochant éclair de leurs griffes traîtresses
Fut plus subtil encor que ma précaution.

J’enrageais ! Quand mon pied heurte un serpent… la bête
Aurait pu se venger ? elle écarta la tête,
Et s’enfuit d’un train plus rampant.

Allons ! que ton humeur à présent se défronce,
Me dis-je ! – Et, j’oubliai pour un si doux serpent
La méchanceté de la ronce.

Poème préféré des membres

guillaumePrevel et guillaumePrevel ont ajouté ce poème parmi leurs favoris.

Commentaires

  1. Un serpent n'est jamais brutal comme une ronce,
    Des blonds cheveux d'un prince il vient à s'émouvoir ;
    Et s'il le fait mourir, dans un désert, le soir,
    C'est pour tuer le deuil où son âme s'enfonce.

Rédiger un commentaire

Maurice ROLLINAT

Portait de Maurice ROLLINAT

Maurice Rollinat, né à Châteauroux (Indre) le 29 décembre 1846 et mort à Ivry-sur-Seine le 26 octobre 1903, est un poète français. Son père, François Rollinat, était député de l’Indre à l’Assemblée constituante en 1848 et fut un grand ami de George Sand. Issu d’un milieu cultivé, Rollinat se met très... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto