Poème 'Juillet 80' de EricChaudre

Juillet 80

EricChaudre

Juillet 80. Cher Théo,
Ces cinquante francs que tu m’envoies
M’éviteront bien des fléaux,
Et m’invitent à parler de moi.
Tu peux -si tu le juges bon-
Penser avec lassitude
Qu’à vingt-sept ans mes abandons
D’un fainéant sont l’habitude.
En français j’ai voulu t’écrire
Qu’ailleurs se trouve mon fardeau,
Que je me ronge au lieu d’agir.
L’outil qui manque, sans cesse me faut,
Dedans moi-même je suis muré,
Anxieux, toujours guettant mes pas,
Recherchant pour les éviter,
Les obstacles à mon résultat.
On ne saurait pas toujours dire
Ce qui enserre ou qui emmure,
On sent autour de soi saillir
Des barreaux, des grilles, des serrures.
Tel a un grand foyer dans l’âme
Et nul ne s’y vient réchauffer,
Les passants n’en voient pas la flamme
Mais juste un filet de fumée.
A quoi donc vais-je enfin servir ?
Tout ce qui souffre en moi, c’est quoi ?
Sur cette terre, que dois-je guérir ?
Je sens, tellement de bon en moi !
Pourtant, comme un compagnonnage,
J’avais cru voir une lueur,
Mes sermons dans le Borinage
En grève ont déplu aux pasteurs.
Voyageant en souliers, couchant
Dans des meules ou sous des rondins
L’hiver, aux matins pers et blancs,
Je voyage avec mes dessins.
Aujourd’hui je te serre la main
Et sache enfin qu’en m’écrivant
Plus qu’argent tu me fais du bien.
Cher Théo, Bien à toi. Vincent

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Bienvenue Eric ! Avec ce texte on croirait tenir cette lettre entre nos mains.

Rédiger un commentaire

EricChaudre

Image de EricChaudre

Nom : Chaudré

Prénom : Eric

Naissance : 14/10/1950

Présentation : non renseigné

Accéder à sa page de poésie

© 2021 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS