Poème 'La Confession' de Hégésippe MOREAU dans 'Œuvres de Hégésippe Moreau'

La Confession

Hégésippe MOREAU
Recueil : "Œuvres de Hégésippe Moreau"

Quoi ! tu l’as dit, plus d’amours à ta suite !
Quoi ! tu voudrais, t’effeuillant sous la croix,
Rose, ma Rose, égayer un jésuite,
De tes péchés, un peu des miens, je crois !
Ah ! péche encor, pécheresse gentille ;
Et si nos cœurs de quelque ennui sont lourds,
Couple fervent, l’un à l’autre sans grille
Confessons-nous, confessons-nous toujours.

Jeunes beautés, avec les hirondelles,
Quand vous voyez les sylphes accourir,
Lorsqu’au doux bruit de leurs battements d’ailes,
Vous vous sentez défaillir et mourir,
Pas n’est besoin contre un charme éphémère
Du beau curé ni de ses beaux discours :
Cœur de seize ans, au cœur de votre mère
Confessez-vous, confessez-vous toujours.

Mais, tôt ou tard, l’hymen, l’hymen despote,
À vos beaux yeux enseignera les pleurs,
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Qu’en suppliant alors Trilby s’arrête,
Un soir d’orage au coin de votre feu.
Grondez bien bas… puis, après la tempête,
Confessez-vous, confessez-vous à Dieu.

Vous qui marchez pieds nus, et, sur la route,
Dans le ruisseau trempez votre pain noir ;
Vous qui chantez sans que la dame écoute,
Là-bas, penchée au balcon du manoir ;
Vous qui rêvez amour, gloire, chimère,
Puis, au réveil, le cœur battant d’effroi,
Les bras tendus, vous écriez : Ma mère !…
Confessez-vous, confessez-vous à moi.

Mainte blessure à l’ami le plus tendre
Souvent échappe et saigne à l’abandon ;
Souvent pour l’homme il serait doux d’entendre
Au nom de Dieu sonner le mot pardon ;
Mais la soutane a balayé la fange,
Mais le péché frétille par-dessous.
Quand tu verras tomber du ciel un ange,
Avertis-moi, Rose, et confessons-nous ;
Vite à ses pieds, vite confessons-nous.

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