Poème 'Le Bûcheron et la Mort' de Nicolas BOILEAU dans 'Poésies diverses'

Le Bûcheron et la Mort

Nicolas BOILEAU
Recueil : "Poésies diverses"

Le dos chargé de bois et le corps tout en eau,
Un pauvre bûcheron, dans l’extrême vieillesse,
Marchait en haletant de peine et de détresse;
Enfin, las de souffrir, jetant là son fardeau,
Plutôt que de s’en voir accablé de nouveau,
Il souhaite la Mort et cent fois il l’appelle.
La Mort vient à la fin : « Que veux-tu ? lui crie t-elle,
Qui moi ? dit-il alors, prompt à se corriger.
Que tu m’aides à me charger. »

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Commentaires

  1. Jean de la Fontaine :

    Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée,
    Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
    Gémissant et courbé marchait à pas pesants,
    Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
    Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,
    Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
    Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?
    En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
    Point de pain quelquefois, et jamais de repos.
    Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
    Le créancier, et la corvée
    Lui font d'un malheureux la peinture achevée.
    Il appelle la mort, elle vient sans tarder,
    Lui demande ce qu'il faut faire
    C'est, dit-il, afin de m'aider
    A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère.
    Le trépas vient tout guérir ;
    Mais ne bougeons d'où nous sommes.
    Plutôt souffrir que mourir,
    C'est la devise des hommes.

    (La Mort et le Bûcheron).

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