Poème 'Les Granges' de Émile VERHAEREN dans 'Les Flamandes'

Les Granges

Émile VERHAEREN
Recueil : "Les Flamandes"

S’élargissaient, là-bas, les granges recouvertes,
Aux murs, d’épais crépis et de blancs badigeons,
Au faîte, d’un manteau de pailles et de joncs,
Où mordaient par endroits les dents des mousses vertes.

De vieux ceps tortueux les ascendaient, alertes,
Luttant d’assauts avec les lierres sauvageons,
Et deux meules flanquaient, ainsi que deux donjons,
Les portes qui bâillaient sur les champs, large-ouvertes.

Et par elles, sortait le ronron des moulins,
Rompu par les fléaux frappant l’aire à coups pleins,
Comme un pas de soldats qu’un tambour accompagne ;

On eût dit que le coeur de la ferme battait,
Dans ce bruit régulier qui baissait et montait,
Et le soir, comme un chant, endormait la campagne.

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Émile VERHAEREN

Portait de Émile VERHAEREN

Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand dans la province d’Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916, est un poète belge flamand, d’expression française. Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale lui fait évoquer les grandes villes... [Lire la suite]

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