Poème 'La couronne effeuillée' de Marceline DESBORDES-VALMORE dans 'Poésies inédites'

La couronne effeuillée

Marceline DESBORDES-VALMORE
Recueil : "Poésies inédites"

J’irai, j’irai porter ma couronne effeuillée
Au jardin de mon père où revit toute fleur ;
J’y répandrai longtemps mon âme agenouillée :
Mon père a des secrets pour vaincre la douleur.

J’irai, j’irai lui dire au moins avec mes larmes :
 » Regardez, j’ai souffert…  » Il me regardera,
Et sous mes jours changés, sous mes pâleurs sans charmes,
Parce qu’il est mon père, il me reconnaîtra.

Il dira:  » C’est donc vous, chère âme désolée ;
La terre manque-t-elle à vos pas égarés ?
Chère âme, je suis Dieu : ne soyez plus troublée ;
Voici votre maison, voici mon coeur, entrez !  »

Ô clémence! Ô douceur! Ô saint refuge ! Ô Père !
Votre enfant qui pleurait, vous l’avez entendu !
Je vous obtiens déjà, puisque je vous espère
Et que vous possédez tout ce que j’ai perdu.

Vous ne rejetez pas la fleur qui n’est plus belle ;
Ce crime de la terre au ciel est pardonné.
Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle,
Non d’avoir rien vendu, mais d’avoir tout donné.

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Commentaires

  1. J’ai vu Maître Lézard en pleurs dans les herbages,
    J’ai vu Dame Lézard, des larmes dans les yeux ;
    Ils ont perdu ce qu’ils avaient de plus précieux :
    Le bel anneau de plomb, témoin de leur mariage.

    Par-dessus la prairie, c’est l’azur sans nuages
    Qui embarque à son bord les habitants des cieux.
    Capitaine dodu, le soleil orgueilleux
    En gilet de satin conduit son équipage.

    Qui entend des lézards l’émouvante supplique ?
    Pourront-ils retrouver leur anneau métallique ?
    Il faut craindre que non, car nul n’en a souci.

    Federico chanta cette étrange comptine,
    Beau souvenir pour moi de lecture enfantine ;
    Devenu vieux lézard, je lui dis grand merci.

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Marceline DESBORDES-VALMORE

Portait de Marceline DESBORDES-VALMORE

Marceline Desbordes-Valmore, née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859, est une poétesse française. Elle est la fille d’un peintre en armoiries, devenu cabaretier à Douai après avoir été ruiné par la Révolution. À la fin de 1801, après un séjour à Rochefort et à Bordeaux, Marceline et sa mère... [Lire la suite]

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