Poème 'La Tombe ignorée' de Eudore ÉVANTUREL dans 'Premières poésies'

La Tombe ignorée

Eudore ÉVANTUREL
Recueil : "Premières poésies"

Quelque part — je sais où — près d’un saule qui pousse
Ignoré du soleil quand le printemps sourit,
Un tombeau que quelqu’un a cherché dans la mousse,
Laisse voir sur sa croix que nul nom n’est inscrit.

Personne que je sache, à genoux sur la pierre,
N’est venu, vers le soir, y prier en pleurant ;
Mais un ange descend sans doute avec mystère
Dans ce lieu, quand le jour s’abat triste et mourant.

Les fleurs n’y vivent pas et la mort ne recueille
Pour moisson, que le foin oublié du faucheur,
C’est à peine, l’été, si parfois une feuille,
— Triste larme du saule — y tombe comme un pleur.

Je suis allé revoir cette tombe ignorée ;
Et seul, quand j’ai voulu retrouver le chemin,
Quelqu’un était debout, en défendant l’entrée :

C’était l’Oubli, pensif, et le front dans la main.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Eudore ÉVANTUREL

Portait de Eudore ÉVANTUREL

Eudore Évanturel (Québec, 22 septembre 1852 – Boston, 16 mai 1919) est un poète québécois. Encouragé par le romancier Joseph Marmette, son ami, il fit paraître en 1878 un volume de « Premières poésies ». Ce recueil, inspiré de Musset mais avec des accents verlainiens, scandalisa le milieu littéraire... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto