Poème 'Les Vergers de Mai' de Émile VERHAEREN dans 'Toute la Flandre'

Les Vergers de Mai

Émile VERHAEREN
Recueil : "Toute la Flandre"

En mai, les grands vergers de la Flandre féconde
Sont des morceaux de paradis qui se souviennent
D’avoir fleuri si blancs, aux premiers temps du monde.

Les yeux qui voient croient voir une aile aérienne
Parmi les lointains purs doucement remuée,
Les éventer du fond du ciel, sous les nuées.

Le vent, qui chante et rit, murmure une louange
A l’herbe ardente et drue et caresse les haies ;
Et les arbres sont beaux comme des manteaux d’anges.

Et les oiseaux nichant parmi les pommeraies
S’y poursuivent, et les branches ornementales,
Sur les vols lumineux, font tomber leurs pétales.

Tandis qu’au pied des troncs vont et viennent les bêtes,
Léchant l’écorce en or de leurs langues gourmandes,
Et que les bonnes fleurs s’inclinent vers leurs têtes
Dans l’herbe – beurre et lait – des pâtures flamandes.

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Émile VERHAEREN

Portait de Émile VERHAEREN

Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand dans la province d’Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916, est un poète belge flamand, d’expression française. Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale lui fait évoquer les grandes villes... [Lire la suite]

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