Poème 'Sonnet (Il y a des moments où les femmes sont fleurs)' de Charles CROS dans 'Le collier de griffes'

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Sonnet (Il y a des moments où les femmes sont fleurs)

Charles CROS
Recueil : "Le collier de griffes"

Il y a des moments où les femmes sont fleurs ;
On n’a pas de respect pour ces fraîches corolles…
Je suis un papillon qui fuit des choses folles,
Et c’est dans un baiser suprême que je meurs.

Mais il y a parfois de mauvaises rumeurs ;
Je t’ai baisé le bec, oiseau bleu qui t’envoles,
J’ai bouché mon oreille aux funèbres paroles ;
Mais, Muse, j’ai fléchi sous tes regards charmeurs.

Je paie avec mon sang véritable, je paie
Et ne recevrai pas, je le sais, de monnaie,
Et l’on me laissera mourir au pied du mur.

Ayant traversé tout, inondation, flamme,
Je ne me plaindrai pas, délicieuse femme,
Ni du passé, ni du présent, ni du futur !

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Commentaires

  1. Ornithologie printanière
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    Piaf-Tonnerre au printemps parcourt un champ de fleurs,
    Il ne se lasse point de ces belles corolles ;
    Il avance au hasard et dit des choses folles,
    Mais on le lui permet, vu que c’est un charmeur.

    Des insectes de mai lui parvient la rumeur,
    Et le vrombissement d’un bourdon qui s’envole ;
    Il cesse d’énoncer de futiles paroles
    Et tâche d’exercer ses talents de rimeur.

    Il va près du cours d’eau, les ondines l’attendent,
    Elles qui avec lui à merveille s’entendent ;
    Elles posent sur lui leur doux regard d’azur.

    Un peu fraîche est leur peau mais leur âme est de flamme,
    Bien plus douce est leur voix que celle d’une femme ;
    L’oiseau les aime, car elles ont le coeur pur.

  2. Ce lépidoptère est alerte
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    Tu me verras danser, ivre parmi les fleurs,
    Ou parcourir, le soir, des forêts de symboles ;
    Enfant déjà, j’étais une chenille folle,
    Et maintenant je suis un papillon charmeur.

    Sur moi les cancrelats font courir des rumeurs,
    Car ces insectes-là sont bavards et frivoles ;
    Je te demanderai d’ignorer leurs paroles,
    Moi qui n’ai que mépris pour leurs sautes d’humeur.

    Dans les champs et les prés, cent mille fleurs m’attendent,
    Elles n’aiment que moi, c’est ce qu’elles prétendent,
    Mais elles s’ouvriront à d’autres, j’en suis sûr.

    La lune est un glaçon, le soleil est de flamme,
    Les fleurs savent aimer un peu mieux que les femmes ;
    Au profond de leur âme, elles n’ont rien d’impur.

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