Poème 'Théra' de Anatole FRANCE dans 'Les Poèmes dorés'

Théra

Anatole FRANCE
Recueil : "Les Poèmes dorés"

Cette outre en peau de chèvre, ô buveur, est gonflée
De l’esprit éloquent des vignes que Théra,
Se tordant sur les flots, noire, déchevelée,
Étendit au puissant soleil qui les dora.

Théra ne s’orne plus de myrtes ni d’yeuses,
Ni de la verte absinthe agréable aux troupeaux.
Depuis que, remplissant ses veines furieuses,
Le feu plutonien l’agite sans repos.

Son front grondeur se perd sous une rouge nue;
Des ruisseaux dévorants ouvrent ses mamelons ;
Ainsi qu’une Bacchante, elle est farouche et nue,
Et sur ses flancs intacts roule des pampres blonds.

Mai 1872.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2023 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS